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Manifeste

Nous pensons que le A qui ouvre le mot art est celui d’Âme sans son chapeau. Que la conception, la technique, l’entraînement et les convictions intellectuelles sont au service de l’âme dans l’art. Nous voulons produire et partager des œuvres éphémères qui ne ressemblent qu’à nous. Nous voyons que nous vivons dans un monde où la singularité fait tache. Nous défendons la nôtre pour les défendre toutes. Notre pugnacité est celle de la petite plante qui pousse dans le mur de béton.
Nous avons promis que nos ego se la mettraient en veilleuse chaque fois qu’on se mettrait au travail. Ils sont chez nous au service de l’âme, de la fragilité, de la poésie.
Nos chantiers commencent par des intuitions et des désirs communs. Nous les projetons sur scène puis nous prenons ce que nous trouvons à notre portée pour construire le spectacle. Et nos spectacles sont des propositions, des tentations, des invitations.
Nous aimons l’idée qu’une fenêtre s’ouvre sur un monde éclairé différemment le temps d’un spectacle. Nous aimons l’idée de proposer à ceux qui nous voient d’ouvrir les leurs. Nous vivons notre travail comme un partage de regards.
Nous aimons le punk,
les tracteurs,
l’art brut.
Nous ne faisons pas semblant. Nos affections obsessionnelles pour les matériaux récupérés, usés, abîmés,
n’est pas un effet de style
n’est pas une affection
est tout sauf un effet de mode.
Nous sommes pauvres, nous voulons faire de la pauvreté un trésor, nous bâtissons avec les débris de notre société.